Point Hebdomadaire de gerant-prive.com

 

 

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Au commencement de cette année, il y avait au menu de l'investisseur l'alignement des planètes, la reprise européenne, la hausse des taux américains et une économie chinoise en transition douce.

 

Aujourd'hui, certains éléments se sont évaporés ou altérés et la potion devient amère voire indigeste.

 

L'horizon économique, surtout chinois, s'est obscurci depuis cette dévaluation surprise du yuan.

 

Les dernières statistiques en provenance de Chine continuent de donner une vision contradictoire.

 

Ainsi, la balance commerciale est ressortie meilleure que prévue notamment parce que les exportations baissaient moins qu'attendues (-3,7% contre -6%). En revanche les importations sont ressorties moins bonnes (baisse de -20,4% contre -16%) et c'est cet élément négatif que les marchés ont retenu car ils soulignaient la faiblesse de la consommation intérieure chinoise.

Deuxième source d'angoisse, l'horizon monétaire et financier s'est brouillé aux Etats-Unis.

La communication sinueuse de la Fed n’aide pas bien qu'elle ait eu le nez creux de patienter un peu. Le marché du crédit y donne certains signes de faiblesse qui méritent la vigilance des investisseurs. Le nombre de dégradations de rating par les agences de notation n'a jamais été aussi élevé depuis 2010. Les taux de défaut ont augmenté sur la partie junk (2,5% contre moins de 2% en 2014) et la couverture des intérêts financiers diminue pour les meilleurs ratings (10,3x contre un pic de 11 x en 2014).

L'économie du gaz de schiste, qui fut un contributeur du rebond du PIB aux Etats-Unis, porterait une dette comprise entre 50 et 100 Md$. Elle se trouve sous tension en raison de la faiblesse des prix du pétrole. C'est peut-être aussi pour cette raison que la FED hésite tant à monter ses taux.

Déstabiliser la distribution de crédit en le rendant plus coûteux à un moment où les profits des entreprises américaines souffrent déjà de la robustesse du dollar et du ralentissement mondial serait suicidaire. Dans cette lourde nappe de brouillard économique et monétaire, il est franchement difficile de se frayer un chemin.

Le marché des changes reflète d'ailleurs bien les atermoiements des décideurs (banques centrales, gouvernements et épargnants). Les programmes quantitatifs ont eu comme effet d'affaiblir les monnaies des zones concernées. Pour autant, yen, euro et renminbi sont-ils voués à être désormais éternellement des monnaies faibles face au dollar ? Rien n'est moins sûr. Les contre pieds en matière de change peuvent être douloureux.


Limitons-nous donc pour l'instant à l'Europe et à ses entreprises car ce sont peut-être les derniers agents économiques qui peuvent offrir un retour sur investissement soit par la valeur ajoutée créée soit par le dividende versé. Nous devons admettre humblement que les indications macro-économiques actuelles sont paradoxales. Leur interprétation s’avère aléatoire et peuvent aboutir à des conclusions hâtives. Seules les prochaines publications des entreprises (9 mois) peuvent améliorer la visibilité sur le cycle économique.

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