Deux poids, deux mesures

Un mercredi faible en termes de données mais animé par les discours de Jens Weidmann, Président de la Bundesbank, ainsi que James Bullard, Président de la FED de St Louis. En Europe, Weidmann s’est montré distant de la BCE en déclarant qu’elle devait faire preuve de souplesse sur le délai nécessaire (horizon « moyen-terme ») pour faire remonter l’inflation vers l’objectif fixé et également se méfier de la dégradation de la rentabilité des banques qui pourrait être un obstacle à l’effectivité du dernier assouplissement de la politique monétaire.

Pour Weidmann, « le moyen terme n’est pas ‘un moment appartenant à un avenir lointain’ mais ne signifie pas non plus ‘le plus tôt possible et à n’importe quel prix’ », selon lui « le moyen terme doit faire preuve d’ambiguïté sur sa distance dans le temps ».

Du côté des Etats-Unis, Bullard se veut plus rassurant en maintenant l’hypothèse d’une prochaine hausse des taux lors de la réunion du FOMC en avril.

 

 

Les derniers faits marquants :

  • Après les propos d’Evans, Président de la FED de Chicago, plutôt encourageants sur les prochaines hausses de taux de la FED, le discours d’hier de Bullard, s’est révélé également en faveur d’une prochaine hausse des taux dès avril. Et l’avis de ce dernier n’est pas des moindres puisque Bullard dispose d’un droit de vote au sein du FOMC. Le Président de la FED de St Louis a rappelé qu’à chaque réunion du FOMC il y avait une possibilité de changement de politique monétaire, ce qui laisse la porte ouverte à une hausse des taux dès la prochaine réunion en avril. Cependant, il a aussi mentionné que le nombre de données entre les réunions de mars et avril était relativement faible, ce qui pourrait retenir la FED de passer à l’acte lors du de la prochaine réunion du FOMC.

  • La journée d’hier fut très pauvre en termes de chiffres, avec seulement deux chiffres qui retiendront notre attention, les stocks de pétrole et les ventes de logement neufs aux Etats-Unis. Les ventes de logements neufs ont largement dépassé celles des logements existants en début de semaine (-7.1%) avec une hausse de 2% pour atteindre les 512k. Depuis 2015, les ventes de logements neufs n’ont toujours pas réussi à dépasser la barrière des 550k. Malheureusement, les ventes de logements neufs représentent seulement 10% des ventes, on ne peut donc pas réellement donner d’importance à ce chiffre qui est, malgré tout, satisfaisant.

  • En ce qui concerne les stocks de pétrole brut, ils ont encore augmenté avec 9.357M de barils contre 3.090M attendus, en revanche les stocks d’essence ont, eux, diminué avec une baisse de 4.642M de barils. L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) a estimé que le futur accord entre les pays producteurs de pétrole serait probablement dénué de sens. En effet, cet accord apparaît comme un véritable paradoxe quand on sait qu’il existe un unique signataire en mesure d’augmenter sa production, l’Arabie Saoudite. Aucun des autres signataires ne dispose de capacités d’accroissement de sa production, et un accord semblerait donc stérile. Néanmoins, l’utilité d’un tel accord réside dans la symbolique qu’il représente, celle de la volonté des pays producteurs de pétrole de lutter contre la chute des prix du pétrole et ainsi de renforcer la confiance.

 

À suivre aujourd’hui :

  • La journée sera chargée pour les Etats-Unis, avec plusieurs chiffres importants notamment les indices PMI. Un peu plus tôt, on retrouvera naturellement les nouvelles demandes d’allocations chômage qui sont attendues légèrement en hausse (+3k) mais on prêtera particulièrement attention aux commandes de biens durables qui devraient être en net recul.

  • En Europe, on s’attardera sur deux chiffres dans la matinée. Le premier, la confiance des consommateurs en Allemagne qui est censée rester stable. Et le deuxième, les ventes au détail au Royaume-Uni qui devraient reculer de 1%.

Analyse sur l'€/$ :

 

Les trois dernières déclarations des Présidents des FED de San Francisco (Williams), Chicago (Evans) et St Louis (Bullard) ont clairement soutenu l’USD grâce à des propos laissant penser qu’une hausse des taux pourrait avoir lieu dès la prochaine réunion du FOMC.

Le discours de Weidmann, Président de la Bundesbank, n’a eu aucun effet sur la paire malgré un désaccord avec l’action « Dovish » de la BCE.

La paire évolue dans un canal baissier et le dollar se reprend peu à peu après la forte hausse de la paire suite aux propos de Yellen.

Le premier objectif se situe sur le retracement de 1.1125. En cas de cassure de la borne inférieure du canal, nous pourrons viser le dernier retracement au niveau des 1.1060.

Attention aux chiffres US de cet après-midi qui pourront avoir un effet sur la paire. Si ces derniers ne sont pas satisfaisants, un retour au-dessus des 1.1200 pourrait s’opérer

 

 

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