Le chiffre du jour

3,5%, c’est le niveau du déficit public français en 2015. Force est de reconnaître que personne n’anticipait une telle performance puisque le consensus était à 3,8%. C’est un véritable satisfecit pour le gouvernement mais cela n’indique en rien un mouvement de long terme de consolidation budgétaire à l’œuvre. En effet, dans le détail, seuls deux postes de dépenses reculent : les intérêts et l’investissement.

 

La baisse des intérêts résulte directement de la politique de taux bas de la BCE qui permet à la France d’emprunter à taux négatif sur des échéances de plus en plus longue. Il y a fort à parier que ce phénomène perdurera en 2016 du fait de l’accroissement des mesures exceptionnelles de la banque centrale. En revanche, la baisse de l’investissement n’est pas unanimement positive.

La France ne souffre pas d’un sous-investissement mais d’un mal-investissement.

Il y a urgence à mieux orienter l’investissement public vers les secteurs productifs.

 

L’Etat doit, en particulier, prendre à sa charge la prise de risque liée à la recherche fondamentale qui n’a pas à être assumée par le secteur privé car les applications commerciales potentielles ne seront perceptibles que sur le très long terme. La recherche fondamentale est essentielle pour préparer l’économie de demain. Paradoxalement, en France, elle reste insuffisante.

Le budget de l’Agence nationale de la recherche, dont 80% des crédits permettent de financer des projets de recherche fondamentale qui apporteront croissance et emploi demain, n’a jamais dépassé 640 millions d’euros alors que celui de son homologue outre-Rhin atteint 2,7 milliards d’euros !

 

On aurait donc tort de se satisfaire d’une baisse de l’investissement public alors que celui-ci est indispensable. Encore faut-il qu’il soit orienté les canaux appropriés.

 

 

Les derniers faits marquants :

  • Difficile de croire les oiseaux de mauvais augure au regard de la révision à la hausse du PIB américain au quatrième trimestre 2015. En effet, la croissance a atteint 1,4% contre une estimation initiale à 1%. Bien que le rythme de la croissance soit inférieur aux précédentes périodes de reprise économique aux Etats-Unis, la performance reste honorable avec une estimation de progression de l’activité de 3% par an dans les prochaines années. Précédemment, le niveau était compris entre 4% et 5%.

  • FRANCE. « Bonne » nouvelle également. Le déficit public est très nettement en-dessous des estimations en 2015, à 3,5% contre 3,8% selon les attentes. Deux explications simples à cette forte décrue : les taux bas, permis par la politique monétaire de la BCE, et également la hausse des régularisations fiscales. Attention : décrue du déficit ne signifie pas baisse de la dette. Celle-ci s’établissait en fin d’année dernière à 95,7% du PIB contre 95,3% du PIB un an plus tôt.

  • VENDREDI. Marchés fermés pour le week-end de Pâques. Seul léger mouvement au niveau du prix du baril de pétrole qui a affiché un recul…

 

À suivre aujourd’hui :

  • Pas vraiment de Super Tuesday aujourd’hui, à l’inverse de la semaine dernière. Les indicateurs prévus vont essentiellement concerner le marché américain avec : la confiance des consommateurs du conference board, l’indice S&P/CS Composite -20 des prix des logements et l’indice de la FED de Dallas.

  • Principale annonce à surveiller cette semaine : la publication des NFP vendredi pour le mois de mars. Toutefois, bien que cet indicateur soit toujours un market mover incontournable, il influence désormais nettement moins la stratégie de la FED. En effet, le risque de crédit a dorénavant un plus fort impact sur les décisions de la banque centrale que l’emploi.

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