Mouai, la conviction n'est pas de mise

Quatre points à retenir de la réunion de la banque centrale américaine :

 

1) La Fed a maintenu sans surprise son taux directeur inchangé, compris entre 0,25% et 0,50%. On notera qu’Ester George, de la Fed de Kansas City, a de nouveau adopté une position dissidente en votant en faveur d’un relèvement des taux de 25 points de base ;

2) Comme on pouvait l’attendre, la banque centrale souligne la bonne santé incontestable du marché de l’emploi malgré une croissance qui reste faible, c’est là certainement le point crucial à prendre en considération ;

3) Le communiqué de la FED ne fait plus référence aux risques posés par le contexte international. En revanche, la FED souligne qu’elle va surveiller de très près les indicateurs concernant l’inflation et les développements économiques et financiers mondiaux. Ce changement de ton fait sens, du fait notamment de l’atténuation des tensions en Chine. On aurait tort de l’interpréter comme un feu vert donné à une hausse des taux en juin prochain ; 4) La FED rappelle la nécessité d’accumuler plus de données afin d’avoir un meilleur panorama de l’économie. En d’autres termes, la politique monétaire américaine est en mode pause. Elle est contrainte de faire preuve de patience et de gérer les affaires courantes. Au regard du ralentissement économique à l’œuvre outre-Atlantique, et qui devrait être confirmé par la première estimation du PIB au T1 aujourd’hui, nous ne sommes pas convaincus qu’une hausse des taux soit le scénario le plus probable en juin prochain.

 

Les derniers faits marquants :

  • Ralentissement de la croissance britannique au premier trimestre à 0,4% en raison d’un durcissement des conditions de crédit et d’un environnement économique plus incertain. Les perturbations en Chine et le risque de Brexit sont les deux facteurs explicatifs principaux. Il y a fort à craindre que le mouvement se poursuive au cours du deuxième trimestre.

  • Scénario noir qui se profile pour le mois de juin : la question grecque est toujours en suspens alors que des échéances de paiement approchent, de nouvelles élections législatives en Espagne vont avoir lieu et, à peu près au même moment, le référendum à propos du maintien du Royaume-Uni dans l’UE surviendra. Le retour de la volatilité sur les marchés est quasi-assuré.

  • Voici la plus grosse faillite d’Etat à craindre en 2016. Le Venezuela est au bord du précipice du fait d’une mauvaise gestion des finances publiques et d’un prix trop bas du baril de pétrole. Nouvelle mesure extraordinaire prise par le gouvernement pour rationner l’usage de l’électricité : les deux millions de fonctionnaires que compte le pays ne vont plus travailler que deux jours par semaines ! En toile de fond, la majorité parlementaire est en train de collecter suffisamment de signatures pour organiser un référendum révocatoire visant à remplacer le président Maduro. Sans nouvelle aide chinoise cette année, le pays sera certainement officiellement en défaut de paiement cet automne car on voit mal comment il pourra rembourser les échéances à venir qui vont totaliser 5 milliards de dollars en octobre et novembre prochains.

A suivre aujourd'hui :

  • Séance encore orientée en fonction des indicateurs américains. Les revendications chômage devraient atteindre 258k contre 247k la semaine précédente. Il s’agissait alors du plus bas niveau hebdomadaire atteint depuis novembre 1973.

  • Autre focus journalier : la première estimation du PIB américain au T1. Le consensus table sur un net ralentissement à 0,6% contre 1,4% le dernier trimestre de l’année 2015. La consommation devrait, sans surprise, ressortir également en baisse (consensus à 1,7%), un phénomène qui a toutes les chances de perdurer au cours du deuxième trimestre. Nous avons de plus en plus d’éléments pour corroborer que l’économie américaine est arrivée à la fin d’un cycle.

Point d’analyse technique : zoom sur une devise

 

Analyse AUDUSD

 

 

L’IPC australien de la veille s’est révélé particulièrement mauvais avec un chiffre de - 0.2% alors que le consensus attendait 0.3% et que celui du précédent trimestre était à 0.4%.

Cette violente baisse de l’IPC va peut-être donner l’occasion à la RBA, qui se réunira le 3 mai, d’assouplir sa politique monétaire.

Une baisse des taux permettrait aussi de ralentir la progression de l’AUD qui s’est fortement apprécié ces derniers mois, notamment en raison de l’augmentation des prix de l’or et aussi de l’attitude plus prudente de la FED récemment.

En effet, une monnaie trop forte peut être défavorable pour une économie et la banque centrale peut alors agir pour déprécier la monnaie. Du côté du dollar, le communiqué de la FED publié hier n’a absolument eu aucun effet sur l’USD, le cours est rapidement revenu à son niveau initial après avoir connu un peu de volatilité.

Techniquement, les mauvais chiffres de l’IPC ont réussi à faire sortir l’Aussie de son canal haussier par le bas, canal dans lequel il évoluait depuis mars. Le cours a également cassé sa moyenne mobile exponentielle à 20 jours qui agissait comme un support depuis le début de l’année.

 

 

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